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Titre :
MONSIEUR GEORGES

Auteur :
Marcel Mirande

Résumé :
Air Séphylius, astropodologue, recteur métaphysicien de la tradition post-pyramidale, décortique avec passion l’humanité telle qu’il la voit : unijambiste. Elève appliqué du célèbre professeur Pinoche, il sonne avec courtoisie le tocsin dans un monde déglingué et obscène, qui lui semble dériver dangereusement vers l’anarchie la plus totale.

 

Extrait de la pièce de théâtre : Regarder la vidéo

 

« MONSIEUR GEORGES » - Une mise en scène de Daniel Buffet
Avec le comédien Eric Sanson – Bordeaux 2008
 

Mise en scène comme une suite de séquences, livrée sur le ton de la confidence, flottant entre l’expressionnisme le plus raide et le rêve éveillé, l’adaptation théâtrale de « Monsieur Georges » s’appuie sur la forte présence d’un comédien qui prend un plaisir évident à jouer et à se jouer de nous ; seul sur scène durant une heure, Eric Sanson – acteur et directeur du Petit-Théâtre de Bordeaux- est cet homme possédé par une obsession, guetter l’Autre, baliser l’espace et compter les heures afin que nul n’échappe et que rien ne se passe hors-contrôle : ici pas question de plaisanter, le danger semble imminent, la parano règne en maître. Ainsi va l’ambiance, dérivant dans le pinceau des lumières entre cauchemar et gaudriole.

Planté dans un monde d’affreux, sales et méchants, Eric Sanson a laissé au vestiaire les rapières de mousquetaire et les crampons de rugbyman de ses récents succès: loin des créations théâtrales qui l’ont fait connaître, le voici dans la peau d’un anti-héros ; qu’il chuchote ou qu’il vocifère, on le retrouve errant comme un zombie, rampant au pied des murs pour s’y inventer une issue de secours et tentant quelque évasion pour se persuader qu’il existe.

Homme de théâtre mais aussi musicien et bouffeur de micro formé à l’école de Radio France, Daniel Buffet revient ici à la mise en scène pour un travail qu’il a voulu très précis, conçu comme une bande dessinée aussi noire qu’elle peut être drôle : guetter « monsieur Georges », se défendre d’avoir livré sa femme aux nazis, tenter de vivre malgré les vicieux et les cabots méchants, s’abandonner à la poésie, pouvoir rêver sans peur du cauchemar, telle est l’ambition d’un petit homme qui ne prend rien à la légère. Daniel Buffet dans sa mise en scène pousse le héros dans ses « retranchements » ; ainsi va l’homme, dans l’hyper-réalité d’un monde mal barré, miné par la peur de l’Autre et la hantise de soi ; un monde haché menu par l’ironie d’une bande-son très travaillée et ponctué d’effets scéniques tranchants comme des éclats de rire.

Installé dans le confort d’un mini-théâtre qui joue sur l’intimité pour mettre le public dans sa poche, le spectateur est pris à témoin par cet espèce de Sisyphe qui ressemble au voisin de palier et nous débite ses hantises sur un ton plus vrai que vrai – même pas peur ! Evitant les pièges du grand-guignol, le tandem Buffet-Sanson offre au théâtre une tranche de vie qui colle à l’âme et prolonge ses effets secondaires après la chute du rideau. L’ombre de « Monsieur Georges » est une tache sur le monde, indélébile.

JNC.
    


« MONSIEUR GEORGES » - Récit de Air Séphylius -  

Texte de Air Séphylius.
Publié à Bordeaux (Editions Encre de Chine, 2006. BP.90124. Le Bouscat)
Adapté pour la scène et interprété par Eric Sanson dans une mise en scène de Daniel Buffet. Au Petit-Théâtre de Bordeaux.
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Publié fin 2006 en Gironde, « Monsieur Georges » est un récit surréaliste, une fable burlesque, écrite par un architecte gascon installé à Bordeaux et caché sous le pseudonyme de Air Séphylius.
Dans cette histoire immobile déchiquetant allègrement la condition humaine, un narrateur semble chargé – du moins le croit-il – de surveiller les passages réguliers d’un certain  « monsieur Georges » allant et venant au coin de la rue, chaque jour à des heures précises, sorte de dieu mystérieux et redouté « dans cette foire d’empoigne colorée de lumières dissoutes ».

Aussi lâche envers les autres que révolté contre lui-même, le narrateur mijote dans son amertume sans autre occupation que cette surveillance à laquelle il feint de croire ; ainsi espère-t-il donner du sens au vide dans lequel il flotte. Pour tromper son ennui, d’autres spécimens d’humanoïdes sont dans le voisinage, prêts à échanger avec lui les méchancetés et ricanements qui pimentent parfois les relations humaines : visites chez le « Bouchu », vilain « tailleur de viande » incarnant l’obscène trivialité du monde, coup de galoche dans les flancs de « Pinoche », cabot teigneux, insupportablement doué pour harceler son monde et le salir avec soin. Une certaine « Madame Antoine », grossière harpie parfumée au « Soir de Tombouctou » rôde alentour, ce qui n’arrange rien. Ici chacun sait que le monde est foutu d’avance, alors faire dans la dentelle…Inutile de jouer les mijaurées, on ne prend plus de gants. Quant aux autruches tentant de fuir la réalité de cette abominable Géorgique, plus que l’étouffement la tête dans le sable elles risquent un bon coup de pied au cul.

Au délire des situations colle la poésie surréaliste des mots et la truculence des images ; tombé sans crier gare dans le chaudron de la littérature contemporaine et sitôt kidnappé par un théâtre à l’affût de plats épicés, ce « Monsieur Georges » se révèle un festin goûteux et réjouissant.

JNC.

 

 

 
   

 

 

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